Publié le 9 Oct 2012 - 16:42
COMPAGNONNAGE AVEC LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

A Benno Bokk Yaakaar, c'est «circulez, y a rien à cirer»

 

 

Secoués par les propos du maire de Dakar relatifs au compagnonnage avec le président de la République, des membres de Benno Bokk Yaakaar estiment plus que jamais nécessaire le renforcement de la coalition présidentielle afin de parachever les espoirs du 25 mars 2012.

 

 

''La vie politique doit reprendre son cours sinon on risque de se retrouver comme au Mali avec un consensus mou où chacun cherche sa part du gâteau et personne n'entend le peuple, personne ne voit ce qui se passe et un jour, on sera surpris''. Cette phrase, prononcée par le maire de Dakar Khalifa Sall au cours d'une conférence publique qu'il animait ce week-end à Paris, résonne encore au sein des partis politiques.

 

Au cours de cette rencontre, l'actuel Secrétaire national à la vie politique du Parti socialiste a appelé chacun des leaders membres de Benno Bokk Yaakaar à ''retourner dans son parti, le réorganiser et le redynamiser afin d'éviter d'encombrer le président de la République, Macky Sall''.

 

Mais cette invite est diversement appréciée au sein de partis membres de BBY. À la Ligue démocratique, l'on estime que ''dans le fond, le compagnonnage avec le président de la République n'est pas incompatible avec le fonctionnement des partis respectifs''. ''Nous sommes des alliés dans BBY mais chaque parti garde son identité et a son fonctionnement propre'', déclare Moussa Sarr, le porte-parole. ''Ce n'est pas à Rewmi où l'on court derrière quelqu'un pour des postes ou des privilèges et où on encombre le président de la République'', rétorque le député Thierno Bocoum. Pour sa part, le leader du Rassemblement des travailleurs africains/Sénégal (Rta/S), Momar Sambe, doute que les leaders de BBY soient en rupture avec leurs partis respectifs. ''Les leaders de BBY jouent pleinement leurs rôles en tant que leaders de partis'', dit-il avec force.

 

Revenant à la charge, le porte-parole de la Ld estime par ailleurs qu'''on ne peut pas demander à l'heure actuelle aux partis politiques membres de BBY qui ont participé à l'élection du président de la République de lui tourner le dos ou de s'opposer à lui''. ''Ça n'a pas de sens'', insiste-t-il.

Un point de vue partagé avec Momar Sambe pour qui ''les leaders de BBY sont dans une coalition qui a été créée dans des conditions historiques avec une réelle volonté de destituer Abdoulaye Wade, de travailler à la refondation des institutions, de redresser la situation économique et sociale du pays...'' La première tâche accomplie, la question qui se pose dès lors est de savoir, selon lui, si les autres objectifs ont été atteints. Sinon, ''pourquoi se séparer (de Macky Sall) si on sait que le fossé en termes de désastre social, moral et institutionnel, de rupture créée par Abdoulaye Wade est immense et nécessite l'implication de toutes les forces citoyennes et politiques ?''. ''Il nous faut au contraire le renforcement de l'alliance'', dira-t-il.

Mais, précise Moussa Sarr, ''tant qu'on n'aura pas constaté des dérives, des désaccords, les partis membres de BBY doivent continuer à cheminer ensemble''.

 

ASSANE MBAYE

 

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