Publié le 30 Oct 2012 - 10:00
MOUSSA DIAW DIENG

''Pourquoi j'ai rendu le tablier''

 

 

Moussa Diaw Dieng fait partie des membres de la Fédération sénégalaise de football (FSF) à démissionner de l'instance au lendemain de l'élimination des Lions de la CAN. Dans cet entretien, le 2e vice-président de la FSF a bien voulu donner ses raisons. ''C'est trop facile de s'en limiter à l'entraîneur et de son staff'', dit-il.

 

Pourquoi avoir démission de la FSF ?

C'est suite à l'élimination du Sénégal par la Côte d'Ivoire. Au delà du résultat qui est négatif, il y a eu ces incidents graves qui ont émaillé cette rencontre. D'ailleurs, ces incidents sont un précédent dangereux pour le pays en général et pour le sport en particulier. Parce que jamais de mémoire de sportif, un match de foot international n'a pas connu de fin au Sénégal. Deuxièmement, le président de la République a eu l'humilité de présenter ses excuses publiques au peuple ivoirien et à la communauté sportive, à savoir la Caf et la FIFA. Donc, c'est un aveu de taille de la gravité de ces incidents qui font suite aussi à l'élimination précoce et prématurée du Sénégal lors de la dernière Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2012). Vous savez que nous avions été éliminés dès le premier tour avec trois défaites en autant de matches ; naturellement, la fédération était en sursis. À l'époque, après évaluation, nous avions estimé qu'il y avait des failles au niveau de l'encadrement technique et la Fédé avait mis fin au contrat d'Amara Traoré (alors sélectionneur) et de ses adjoints.

 

Aujourd'hui encore, après cette élimination et tout ce qui s'est passé, après évaluation, on a pensé mettre fin aux fonctions de l'entraîneur (Joseph Koto) et de son staff. Nous avons pensé, en tant que membre de la Fédé, que c'est trop facile de s'en limiter à l'entraîneur et de son staff. Nous avons fait notre propre introspection et nous avons estimé que la responsabilité de la FSF est totalement engagée dans cet échec parce qu'elle est la seule structure délégataire de pouvoir et la seule compétente à organiser le football au Sénégal. Donc, nous ne pouvons pas être exempt et faire comme si rien ne s'est passé. Quand le Comité exécutif s'est limité au remplacement du staff, nous avons estimé qu'il faut aller au-delà. Il y a aussi des sanctions lourdes qui guettent notre pays et, en tant que dirigeant, nous ne pouvons pas accepter que le foot en soit victime et que nous soyons exempts. Fort de tous cela, nous avons penser qu'il faut libérer les espaces pour permettre au mouvement sportif et l'État du Sénégal d'avoir les coudées franches pour faire les réglages pouvant nous épargner des sanctions lourdes.

 

Mais vous avez attendu que le Premier ministre demande à la FSF de démissionner. Avez-vous été poussé à rendre le tablier par Abdoul Mbaye, qui aurait appelé personnellement des fédéraux à cet effet ?

Écoutez, je tiens à préciser que je suis un homme libre. Je n'ai pas adhéré à la Fédération sur les injonctions du Premier ministre. Donc, ce n'est pas à lui de me faire quitte cette instance de football. Bien au-delà du PM, le président de la République est monté au créneau pour cerner la graviter du problème. Je ne subis pas de pression et personne ne peut me pousser à sortir. Ce que nous avons fait, c'est après analyse de la situation. Sachez que la démission est un acte individuel, c'est ainsi que j'ai envoyé ma lettre de démission depuis jeudi passé.

 

Vous dites toujours ''nous''. Combien êtes-vous à avoir démissionné ?

Je ne peux citer le nom de personne. J'ai entendu, comme tout le monde, que d'autres ont aussi démissionné. L'acte que j'ai posé m'engage personnellement, donc je ne peux pas faire de commentaires sur les autres.

Adama Coly

 

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