Publié le 16 Feb 2016 - 15:03
ISRAEL

L'ancien premier ministre Ehud Olmert derrière les barreaux

 

L'ex-chef du gouvernement découvre depuis lundi l'austérité de la prison après des années de soupçons de corruption. Une première en Israël.

 

Il n'était pas tout à fait 10 heures, lundi matin, lorsque l'ex-premier ministre israélien Ehud Olmert a disparu derrière la lourde porte de la prison de Maasiyahu. Arrivé à bord d'un véhicule aux vitres teintées, le condamné s'est dérobé aux nombreuses caméras de télévision venues filmer ses ultimes pas d'homme libre. Premier ancien chef de gouvernement à connaître un tel sort, il doit purger 19 mois de prison après avoir été frappé par deux peines distinctes pour des malversations commises alors qu'il était maire de Jérusalem, en marge d'importants projets immobiliers. «Je démens complètement les accusations de corruption portées à mon encontre», a-t-il encore une fois martelé dans une vidéo diffusée quelques heures avant son incarcération.

L'incarcération d'Ehud Olmert constitue le point d'orgue d'une longue chute qui, depuis plus de six ans, fascine et interroge la société israélienne. Issu de la droite nationaliste, l'homme connut une ascension rapide avant d'être contraint à la démission par l'accumulation des scandales judiciaires dans lesquels son nom était apparu. Il fut jugé en 2014 pour avoir accepté les pots-de-vin de promoteurs impliqués dans l'édification du hideux complexe immobilier Holyland, à la lisière sud de Jérusalem, ainsi que pour avoir reçu des dons illicites dans le cadre d'une campagne électorale. Initialement condamné à six années de prison, il a depuis vu sa peine ramenée à dix-huit mois par la Cour suprême avant d'écoper, en décembre dernier, d'un mois supplémentaire pour «obstruction».

Spectacle ‘’à la fois cruel et fascinant’’

«En tant que premier ministre, j'ai été chargé de la haute responsabilité de protéger les citoyens d'Israël», a encore plaidé lundi matin celui qui, dans l'orbite d'Ariel Sharon, joua un rôle central dans le désengagement israélien de la bande de Gaza. Après l'accident vasculaire du premier ministre, il assuma ses fonctions et engagea avec les Palestiniens un cycle de négociations jugé prometteur, mais qui s'interrompit brusquement lorsqu'éclatèrent ses démêlés judiciaires. «J'aurais aimé finir ce que j'ai commencé, a-t-il depuis confié, et je continue de croire que nous aurions pu réussir si j'étais resté premier ministre.»

Lundi matin, la presse israélienne a dévoilé dans leurs moindres détails les conditions de détention promises à Ehud Olmert. Arrivé à la prison de Maaziyahu, l'ex-premier ministre devait être conduit dans une aile spécialement rénovée, moyennant quatre millions de shekels (environ un million d'euros), pour accueillir les condamnés du procès Holyland. Il y partagera une cellule avec deux de ses codétenus, mais ne pourra avoir aucun contact avec les prisonniers incarcérés dans le reste de l'établissement. Le personnel y a reçu une formation spécifique, précise le quotidien Yedioth Ahronoth, «afin qu'il traite le détenu avec le respect qui lui est dû tout en veillant à ce qu'il respecte strictement les règles de discipline». La durée de ses visites sera limitée à une demi-heure par semaine.

«Ce spectacle est à la fois cruel et fascinant, observe Udi Segal, correspondant politique pour la deuxième chaîne israélienne de télévision, qui décrit l'ascension et la chute d'Ehud Olmert comme «le plus fascinant des objets journalistiques». Anshel Pfeffer, journaliste au quotidien Haaretz, évoque, lui, «un moment de satisfaction aussi bref que volatile» et rappelle que cet emprisonnement fait suite à celui, pour viol, de l'ex-président Moshe Katsav. «En dépit de ses nombreuses imperfections, écrit-il, la démocratie israélienne est la seule à avoir su envoyer un premier ministre et un président en prison pour leurs crimes».

(LeFigaro.fr)

 

Section: 
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL ONU : Comment la campagne de Macky Sall espère rebondir
RÉGIME MILITAIRE ET DÉMOCRATIE : Sale temps pour les libertés en Guinée
Boubacar Seye sur Ceuta
SUCCESSION D'ANTÓNIO GUTERRES À LA TÊTE DE L'ONU : Rebeca Grynspan prend les devants, Macky Sall rate son entrée
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES : Les choses sérieuses démarrent
SUCCESSION AU SOMMET DE L’ONU L’Ouganda lance Olara Otunnu et défie Macky Sall
SUCCESSION D’ANTÓNIO GUTERRES : Macky Sall veut remettre l’ONU au centre du jeu
THOMAS PESQUET À DAKAR : L'envol de la filière spatiale !
LE SÉNÉGAL À LA TÊTE DE LA CEDEAO : Un succès diplomatique sur fond de crise régionale
MALI : Au Mali, au moins 50 militaires tués dans une attaque d’indépendantistes et de djihadistes
AFRIQUE DE L’OUEST ET DU SAHEL : Comment le terrorisme change de visage
MALI – AVENIR SECURITAIRE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST : L’épreuve du feu entre les FAMa et l’hydre djihadiste
VENEZUELA : Le bilan du double séisme dépasse les 4.300 morts (officiel)
EPIDEMIE D’EBOLA – BILAN MEURTRIER, CRISE ALIMENTAIRE ET ISOLEMENT REGIONAL La RDC en apnée
SOUDAN : Des villages entiers rasés au Darfour, à la frontière avec le Tchad, selon l'ONU
VISITE D'EMMANUEL MACRON EN SYRIE : Diplomatie sous haute tension
EBOLA EN RDC : La barre des 500 décès franchie, selon le dernier bilan des autorités congolaises
XÉNOPHOBIE EN AFRIQUE DU SUD : La fuite en avant
MALI : Les FAMas disent avoir repoussé plusieurs assauts simultanés contre des positions militaires
ENFANTS DANS LES CONFLITS : Au total, 38 558 violations graves vérifiées en 2025