Publié le 21 Aug 2015 - 19:04
KALIDOU DIALLO, ANCIEN MINISTRE DE L’EDUCATION

‘’D’ici deux à trois ans, la masse salariale va imploser’’

 

Ancien ministre de l’Education nationale, Kalidou Diallo est d’avis qu’il y a une volonté politique avec le Conseil présidentiel sur les assises de l’Education et de la Formation. Mais l’ex-syndicaliste n’en est pas moins convaincu de l’existence d’errements dans le pilotage des dossiers. Car, à l’en croire, le gouvernement est en train de mener une politique de recrutement qui va faire exploser la masse salariale d’ici deux à trois ans. Ce qui, à ses yeux, est contradictoire avec les engagements pris auprès des partenaires. Entretien

 

Le Conseil présidentiel sur les Assises de l’Education et de la Formation a retenu un certain nombre de décisions pour redresser l’école. Etes-vous optimiste  quant à leur application effective ?

Oui, je suis optimiste, d’abord parce qu’il y a une volonté politique au départ. Le chef de l’Etat a voulu avoir une vision pour le système éducatif. Ensuite, il y a eu un comité de pilotage inclusif qui a travaillé pendant une année et qui a fait le tour du pays pour interroger pratiquement tous les acteurs. L’Etat du Sénégal a fait une évaluation financière et a pris des engagements. Sur ce côté, je pense qu’il est tout à fait possible de mettre en œuvre les directives. Mais il y a un aspect qui n’est pas ressorti dans les directives et qui était très clair dans les recommandations des assises du 14 août 2014 : c’est la signature du pacte de stabilité scolaire pour une période de 3 ans minimum afin d’avoir un quantum horaire acceptable. Mais le problème du respect des accords du 17 février 2014 fait que les enseignants n’envisagent pas de signer ce pacte-là, avant le respect intégral des accords. Or, ces accords posent problème, au regard de leurs conséquences financières assez lourdes, et vu les engagements internationaux du gouvernement auprès des institutions internationales et tenant compte de la déclaration du ministre du l’Economie et du président de la République sur le gel de la masse salariale à 526 milliards F Cfa. Je pense que cet aspect va se répercuter sur la mise en œuvre des directives. C’est pourquoi je dis que oui, c’est possible, mais à condition que les moyens suivent et que le gouvernement et les syndicats tombent d’accord sur la stabilité.

Est-il possible de mettre en œuvre les décisions s’il n’y a pas de stabilité scolaire ?

Ça va être difficile à terme échu. De toute façon, il n’y aura jamais de stabilité au sens syndical du terme. Même si le gouvernement réglait toutes les revendications actuelles, il y aura de nouvelles revendications. Le syndicalisme a vocation de revendiquer indéfiniment. Mais l’essentiel est que le gouvernement montre qu’il en fait une priorité et fasse l’effort pour que tout le monde le sache. A ces conditions, c’est possible.

Est-ce que les trois orientations retenues sont de nature à sortir l’école de cette crise structurelle ?

S’agissant de ‘’l’école pour tous’’, le Sénégal a fait des efforts. Aujourd’hui, nous sommes à un taux de scolarisation de 94/95%, mais avec un taux d’achèvement de 74% à l’école primaire. C’est-à-dire que sur 100 élèves au CI, il y a 74 qui arrivent en CM2 sans être exclus, sans redoubler, alors que l’objectif, c’était d’avoir 90% en 2015. Mais les 5% qui restent au 100% de taux de scolarisation, c’est ce que j’appelle le carré de résistance. Il est formé essentiellement par ce qu’on appelle les talibés dont les parents considèrent que l’école ne répond pas au modèle qu’ils veulent pour leurs enfants. D’où le projet de daara modernes. Mais au-delà de ‘’l’école pour tous’’ dans le primaire, il faudrait envisager une école pour tous pour 10 ans. Et pour une scolarisation obligatoire pour 10 ans, il faut absolument supprimer le concours d’entrée en sixième. Je l’ai toujours dit et j’y crois. D’ailleurs le président de la République de Côte d’Ivoire vient de signer un décret il y a juste une semaine, pour non seulement une scolarisation de 10 ans, mais pour supprimer l’entrée en sixième en Côte d’ivoire. Il faut dire qu’en Afrique de l’ouest, il ne reste plus que le Sénégal.

Même si ce n’est pas supprimé officiellement, ça l’est presque dans les faits, avec des taux de réussite de 98%.

Mais ce n’est pas encore supprimé. On prend toujours entre 90 et 98%. Ces 90 à 98% passent alors qu’on a moins de 50% au CFEE ; et on n’a jamais vu le nombre de redoublants augmenter. Ça veut dire que j’ai raison. Un enfant qui sait lire et écrire, qui sait comprendre les problèmes, peut réussir comme les autodidactes.

S’agissant de l’éducation de qualité pour tous, le Président a aussi ajouté qu’il s’agit d’une éducation orientée vers les sciences et les mathématiques. Pour cela, à mon avis, il faut changer radicalement d’option. Le ministre de l’Education a dit dans son intervention, lors du conseil, qu’avec les nouveaux élèves-maîtres, on fait des tests de dictée pour le concours. Il a même dit qu’il y a eu 20 000 candidats qui ont eu zéro en dictée. Je rappelle que la dictée n’est plus un indicateur.

Pourquoi vous le dites ?

 La raison est simple : des ingénieurs, des professeurs scientifiques, etc. sont dans les services de décisions de l’Etat. Si on leur fait la dictée, ils vont faire plus de 10 fautes. Ça n’enlève en rien leur efficacité. Je ne peux pas comprendre qu’on dise qu’il faut aller vers les sciences et entrer dans l’enseignement par la dictée. Ils auraient dû faire des tests avec la dictée et les mathématiques. Moi j’avais élargi, j’avais fait français, mathématiques, histoire-géographie ou langue comme test d’entrée. Choisir la dictée, pour moi, c’est être en contradiction avec que l’on vient d’annoncer. Il faut donc changer de paradigme. Avant, il fallait avoir une moyenne de 12 pour être orienté dans les séries scientifiques. C’est moi qui l’ai changé. J’ai ramené la moyenne à 10/20. L’autre point est que les professeurs de Maths, de Sciences physiques et autres sont de plus en plus rares en licence et master, parce qu’ils sont très sollicités par les banques et les autres ingénieries diverses. Je me rappelle en 2010/2011, j’avais 4 professeurs formés à la FASTEF. On est obligé de prendre des professeurs de niveau bac, bac +1, +2. Et ça ne favorise pas la pédagogie. Le ministre a fait appel à des profs de maths à la retraite, mais ce n’est pas une solution à long terme.

Y a-t-il une harmonie entre le Paquet qui est actuellement en exécution et les directives issues du conseil présidentiel ?

Justement, la deuxième orientation liée à la qualité pose ce problème. C’est que le Paquet qui a succédé au PDF doit être réadapté à deux nouvelles orientations. Je crois que l’Etat a mis la charrue avant les bœufs. Puisque le gouvernement avait décidé dès le départ d’organiser les assises de l’éducation, il fallait poursuivre l’ancien programme et attendre la fin des assises. Le gouvernement savait aussi qu’après Jomtien en 90, Dakar en 2000, la communauté internationale aurait, en 2015 en Corée du Sud, une troisième conférence pour des objectifs en éducation pour 2015/2030. L’Etat doit donc adapter le Paquet à la nouvelle vision et à la déclaration d’Incheon 2015 qui sera validée en septembre prochain. Et dans cette déclaration, il y a un point important sur les enseignants, c’est la formation. Le ministre a d’ailleurs beaucoup insisté sur ce point de la formation, mais malheureusement, en insistant beaucoup sur la critique des enseignants actuels. Je ne sais pas s’il a oublié, mais c’est son propre parti, le Patri socialiste avec Abdou Diouf qui, au milieu des années 90, avait opté pour les volontaires dans le cadre d’un gouvernement de majorité élargie où il y avait Mamadou Ndoye comme ministre de l’éducation de base.  

Vous l’invitez donc à reconnaître la responsabilité des Socialistes ?

Oui.  A l’époque, j’étais le chargé des revendications du Sudes, et  nous avions porté plainte contre le gouvernement du Sénégal au Bit et à l’Unesco pour non-respect des conventions. Nous avions visé les conventions 105 et 111. Nous avions estimé que c’était du travail forcé, parce qu’il s’agissait de jeunes qui voulaient coûte que coûte prendre un salaire de 50 000 F. Et nous avions pensé qu’il y avait une discrimination de salaires entre les enseignants dits normaux et les autres. Le Bit nous avait donné raison et a obligé le gouvernement à organiser en 1998 à Thiès une table ronde et a décidé de ce qu’on appelle les maîtres contractuels. Ceux qui étaient des volontaires à vie pouvaient être des maîtres contractuels en deux ans avec plan de carrière et possibilité de syndiquer.  

Alors que le Sénégal était le pays le plus scolarisé avec le Benin au début des indépendances, il est resté en 1998 à 54% de taux de scolarisation, pendant que tous les autres pays avaient dépassé les 70%. L’objectif à l’époque était donc de démocratiser l’éducation et sortir de cette école d’élite. Abdou Diouf et son gouvernement avaient décidé d’avoir des enseignants moins chers, de recourir à des abris provisoires pour donner à d’autres enfants la chance d’aller à l’école. Moi, 20 ans après, je trouve qu’il avait raison, je fais mon autocritique.  D’autant plus que lorsqu’il y a eu alternance en 2000 et que la conférence internationale s’est tenue ici à Dakar pratiquement deux semaines après l’investiture d’Abdoulaye Wade, l’Etat s’est arrimé sur les conclusions de Dakar 2000 pour prendre des engagements forts de réaliser l’éducation pour tous au Sénégal en 2015. Le nouveau pouvoir a fait booster le budget de l’éducation qui était de 32% pour le porter à 40%.

 Mais ce chiffre-là (40%) est contesté…

Non, il n’est pas contesté. C’est la Banque mondiale qui dit que c’est 32%. C’est parce qu’elle change de dénominateur. Quand vous changez le dénominateur et qu’en bas, vous mettez le budget du Sénégal et vous y ajoutez la dette, la fraction change. La Banque mondiale a mis le budget plus la dette, ça fait 32%. Mais de toutes les façons, comparé avec les autres pays africains, nous sommes en avant. Le président de la République et le ministre des Finances l’ont dit : nous sommes parmi les cinq premiers pays en Afrique qui financent mieux leur éducation. On était à 5,2% du PIB. Ils viennent de dire que nous sommes à 6%. Mais l’objectif, la recommandation, c’est d’être à 8%.

Donc vous n’êtes pas d’accord avec le ministre de l’Economie qui dit que l’Education n’est pas en situation de sous financement

L’éducation n’est pas en sous-financement par rapport aux autres pays. Mais par rapport à l’objectif, on est à deux points. Il faut regarder l’école avec le nombre d’abris provisoires, les enseignants qui se plaignent de leurs conditions de travail, la question des manuels et des tables-bancs, la privatisation de plus en plus de l’école, les enfants-talibés qui circulent dans les rues, notre école a besoin encore de moyens.  Pour en revenir à la qualité, le ministre disait qu’avec ces enseignants actuels, on ne peut pas faire de la qualité. Il a organisé cette année un concours. Je rappelle que c’est le décret 5550 du 15 juin 1995 de Mamadou Ndoye qui a créé le corps des volontaires. Et c’est l’arrêté 7710 du 7 septembre 2010 que j’ai signé moi-même qui a mis fin au recrutement par quota sécuritaire, relevé le niveau de recrutement au baccalauréat et qui a élargi le nombre de matière au concours.

Pourtant, à entendre le ministre de l’Education parler, on a l’impression que c’est avec le nouveau régime que tout cela a été décidé

Malheureusement, ce n’est pas ça ; les textes sont là. Ça a été décidé bien avant. Il y avait deux étapes pour le concours. Au début, il n’y avait pas d’examen de sortie. J’ai dit que tout le monde peut entrer par le quota sécuritaire, mais à la sortie, il faut un examen de sortie. La deuxième étape, c’est l’organisation du concours. Et quand le gouvernement de Macky Sall est arrivé, ils ont renforcé. Ils ont finalement supprimé le volontariat en tant que tel pour créer le concours de recrutement des élèves-maîtres à la place du concours de recrutement des volontaires.  C’est là qu’ils ont changé. Et même là, il y a des risques pour le gouvernement par rapport à ce qui est déclaré.

 Quels sont ces risques ?

En 2007, Aguibou Soumaré en tant que premier ministre avait décidé ce qu’on appelle la titularisation universelle. Tout enseignant titulaire d’un diplôme pédagogique est titularisé d’office. Quand un enseignant est titularisé d’office, il a toutes les indemnités de logement, d’enseignement, tous les avantages. Et son salaire va de 130 000 F Cfa, 150 000 à 200 000, 300 000 F. nous avons voulu en un moment donné supprimer la décision.

Mais on avait compris qu’avec les deux ans de volontariat et les deux ans de maîtres-contractuels, ça donne un peu de répit au gouvernement en termes financiers et ça lui laisse un peu de temps pour préparer l’intégration universelle. L’actuel régime a décidé de supprimer cette étape pour intégrer directement les enseignants qui sortent. Ça veut dire que d’ici deux à trois ans, la masse salariale va imploser. D’autant plus qu’ils sont en train de faire la formation payante tout en formant les instituteurs adjoints. Ça a commencé cette année. Tous les instituteurs adjoints qui avaient le niveau brevet vont avoir le niveau bac. Cela veut dire que les salaires vont imploser. Et cette décision est en contradiction avec la décision de bloquer la masse salariale.      

Si le gouvernement devait, dans les prochaines années, renégocier avec les syndicats, c’est ça qu’il doit négocier sinon à un temps T, ils vont revenir au volontariat. C’est-à-dire à des enseignants moins chers, moins formés, parce que les pouvoirs publics ne pourront pas payer tout le monde avec cette évolution de la masse salariale. C’est pourquoi je disais que le ministre a déclaré que les enseignants qu’ils ont commencé à recruter à partir de l’année passée, ce sont ces enseignants qui vont donner la qualité en 2028 à l’école sénégalaise. Il y a deux choses graves dans cette déclaration.

Pourtant, ils sont nombreux les acteurs de l’Education à  émettre sur la même longueur d’onde que le ministre…  

 Moi, je suis d’avis que la déclaration du ministre est grave. Si l’on suit son raisonnement, même si le Président Macky Sall a deux mandats, il ne pourra jamais donner la qualité à l’école sénégalaise. C’est très grave. Or, le Président a dit clairement, dans sa déclaration, qu’il a pris des mesures urgentes pour 2015 et il a pris d’autres mesures urgentes pour 2016-2018 pour avoir plus de qualité. La deuxième chose grave est que, si par exemple, le gouvernement actuel forme 2000 instituteurs par an, même d’ici 2028,  il y aura environ 24 000 enseignants. Alors qu’en 2028, on sera à plus de 100 000 instituteurs. Ça ne fera même pas le 1/5ème  des effectifs des enseignants. Est-ce que 1/5ème de l’effectif peut faire la qualité ? Il faut donc attendre 2075 pour avoir la qualité.

Partagez-vous l’analyse du ministre sur l’impact des volontaires sur le système éducatif ?

Oui, il fallait choisir. C’est comme la question des abris provisoires. Tout le monde dit que les abris provisoires sont mauvais. Moi, je préfère un enfant dans un abri provisoire que dans la rue. Je préfère des enfants scolarisés avec des volontaires et des vacataires qui ont le diplôme, ce que les gens oublient souvent. Tous les volontaires ont au moins leur brevet. Il y en a qui ont le bac, d’autres la maîtrise. Donc moi, je préfère des enfants dans des écoles où il y a des volontaires que des enfants qui sont laissés en rade par rapport à l’éducation. Ce n’est même pas comparable d’autant plus que ces volontaires ont été formés. 90% de ces volontaires ont eu des diplômes pédagogiques, ils sont devenus des enseignants comme les autres. Je pense que les résultats, c’est moins les enseignants qu’autre chose parce que c’est tout un système. La qualité, c’est aussi l’environnement scolaire. Ce sont les tables-bancs, ce sont les livres, ce sont les cantines scolaires, c’est l’encadrement. Je pense que ce n’est pas une bonne chose de trop tirer sur les volontaires.

Je vois mal qu’un général des armées se mette partout à dire que mon armée a des militaires qui sont des poltrons. Il ne faut pas les démoraliser. Notre école n’est pas une école de l’échec. C’est une école d’élites, une école élitiste. C’est-à-dire une école qui forme de bons éléments mais parfois qui ne prend pas le temps d’intégrer tous ces jeunes qu’on appelle ‘’nullards’’. On ne prend pas le temps de les prendre en charge avec un système d’accompagnement particulier. Un établissement qui a beaucoup de bacheliers avec des mentions ‘’passable’’ est moins coté qu’un établissement qui a moins de bacheliers mais avec plusieurs mentions. Peut-être que c’est l’option élitiste que nous avons. A l’école primaire, on organise la dictée générale au Canada où le Sénégal est toujours parmi les premiers devant la France, devant le Canada, devant la Belgique, devant la Suisse. Ces enfants ne sont pas dans les meilleures écoles parce qu’ils sont de Fatick, ils sont de Grand Yoff, de Kolda. Ils ne sont pas forcément des enfants des nantis, mais pourtant ils arrivent en tête. Nos étudiants, quand ils vont à l’extérieur, sont parmi les meilleurs. Je pense que le ministre Sourang l’a dit l’autre jour aux assises. Il disait que le bac sénégalais a deux ans de plus que le bac africain de façon générale. Mais nous, on se plaint ici.

Qu’en est-il de l’enseignement professionnel et technique ?

Je pense que l’enseignement professionnel et technique est en train de prendre de l’envol au Sénégal. Si je devrais vraiment donner un satisfécit total au gouvernement, c’est par rapport à l’enseignement technique et à la formation professionnelle. Il faut reconnaître que le gouvernement en a fait une priorité. Cela est d’autant plus vrai que  le budget a augmenté. Le président a décidé de mettre le fonds privé, les 27% pour cette année, 50% l’année prochaine et 100% à partir de 2017, ensuite de créer partout des unités de formation professionnelle dans toutes les régions mais également, il a donné plus de pouvoirs au ministre de l’Enseignement technique Mamadou Talla. Ce dernier fait un excellent travail. Pour ça, je dis chapeau au gouvernement.

Quelle analyse faites-vous des résultats du bac de cette année ? 

Pas seulement le bac, il y a aussi le Cfee et le brevet. Je n’ai jamais compris que ce sont les mêmes enseignants qui corrigent les mêmes élèves qui font des devoirs, qui font des compositions, qui ont la moyenne mais quand ils vont à l’examen, ils échouent.  Le bac de cette année entre à peu près dans la logique des différents baccalauréats. C’est vrai que notre système éducatif a des problèmes de quantum horaire depuis plusieurs années. La question des grèves, je suis bien placé pour le savoir. En tant qu’ancien ministre, j’ai vécu ces grèves. Donc je sais que la question du quantum horaire pose problème. C’est vrai aussi qu’il y a une adaptation du système éducatif par rapport à ce quantum horaire. On s’adapte à la faim, on s’adapte à la pauvreté, mais on s’adapte aussi aux grèves.

L’on entend souvent certains enseignants ou des acteurs de la société civile parler d’une volonté de privatisation de l’école publique. Avez-vous ce sentiment ?

En 1981, parmi les conclusions importantes des états généraux de l’éducation et de la formation, figurait en bonne place le dépérissement de l’enseignement privé. Mais la réalité des choses sur le terrain a montré que l’école publique ne pouvait pas tout supporter, surtout dans le contexte des ajustements structurels. L’école privée était venue servir de canne. C’est pourquoi le gouvernement du Sénégal, depuis Senghor, considérant que l’école privée fait partie de l’école tout court, a imposé le programme. Mais maintenant, je pense que le privé va devenir bientôt le deuxième pied. Pour moi, l’école du privé voire le secteur privé est une opportunité pour le système éducatif. Maintenant, cela n’a rien à voir avec la privatisation du savoir, sa commercialisation.

Propos recueillis par BABACAR WILLANE

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