Publié le 31 Oct 2023 - 15:07
RECOURS D’OUSMANE SONKO À LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO

L’État demande un report d’une semaine

 

En raison de problèmes de ‘’connexion Internet’’ et de fourniture ‘’d’électricité’’, l’agent judiciaire de l’État a demandé le report de l’audience qui devait se tenir aujourd’hui dans la capitale nigériane.

 

La bataille judiciaire qui oppose l’État du Sénégal aux  avocats  du principal opposant Ousmane Sonko va continuer dans une cour de justice sous-régionale. Après Ziguinchor, où Ousmane Sonko a obtenu la première ordonnance favorable pour son retour dans la course à l’élection présidentielle, l’opposant espère une nouvelle décision demandant à l’État du Sénégal de le réinscrire sur les listes électorales.

Alors que l’audience de la Cour de justice de la CEDEAO devait se tenir aujourd’hui, l’agent judiciaire de l’État (AJE) a demandé, à la veille de la séance, un report d’une semaine.

Pour une audience qui se déroule à Abuja (Nigeria), l’avocat de l’État du Sénégal devait y participer par visioconférence. Mais l’AJE a constaté qu’à Dakar, ‘’ces derniers jours, des perturbations tant dans la fourniture de la connexion Internet que de celle de l'électricité en centre-ville où se situent (ses) bureaux’’. Raison pour laquelle il a demandé le report de l’audience virtuelle programmée aujourd’hui par la cour de justice, au 8 novembre 2023. Ceci, pour se déplacer personnellement avec son équipe à Abuja ‘’pour mieux défendre l’État du Sénégal’’.

Juan Branco annonce sa présence à Abuja

Cette demande de renvoi intervient quelques heures après un changement annoncé dans la défense d’Ousmane Sonko.

En effet, Juan Branco, avocat français d’Ousmane Sonko, a annoncé sa présence dans la capitale nigériane. ‘’Demain, nous plaiderons avec mon confrère Clédor Ciré Ly à Abuja, devant la Cour de justice de la CEDEAO, le sort d'Ousmane Sonko.’’

Il y a un mois, les avocats du maire de Ziguinchor ont déposé trois requêtes auprès de la Cour de justice CEDEAO réclamant la condamnation de l’État du Sénégal. Les conseils demandent la suspension de la dissolution du parti Pastef/Les patriotes, le rétablissement des droits politiques de la formation et de ceux de son candidat Ousmane Sonko à la Présidentielle du 25 février 2024.

Membre du directoire de l’ex-Pastef dissout le 31 juillet 2023 par le ministère de l’Intérieur, Amadou Ba a été arrêté vendredi dernier au sortir d’une émission télé. Gardé à vue durant le weekend, l’opposant sait, depuis hier, les charges qui sont retenues contre lui. Pour ‘’diffusion du rapport médical’’ d’Ousmane Sonko, en grève de la faim pour dénoncer une ‘’détention arbitraire’’, Amadou Ba a été déféré, hier, au parquet.  Le document qu’il aurait partagé sur les réseaux sociaux a été publié en premier par Juan Branco.

Amadou Ba poursuivi pour diffusion du rapport médical de Sonko

Après son interpellation, l’avocat d’Amadou Ba renseigne que c’est son client qui devait se rendre à Abuja pour déposer le dossier physique dans la procédure opposant Ousmane Sonko et l’ex-parti Pastef à l’État du  Sénégal. À la veille de l’audience, l’avocat français a annoncé sa présence dans la capitale nigériane, pour accompagner son collègue Maître Ciré Clédor Ly afin de représenter leur client emprisonné depuis le 28 juillet 2023.

L’annonce de la présence de Juan Branco à Abuja change-t-elle la donne ? D’une défense à distance de l’État du Sénégal, l’AJE a préféré se présenter physiquement à l’audience qui devrait être retenue la semaine prochaine.

Selon l’avocat français, cette attitude est ‘’non seulement pas sérieuse’’, mais ‘’indécente et embarrassante’’.

Dans d’autres cas similaires (affaires Karim Wade et Khalifa Sall), il est déjà arrivé que l’État du Sénégal soit condamné par la Cour de justice de la CEDEAO pour non-respect des droits des détenus politiques,  sans que les décisions soient exécutées. Plus de deux semaines après l’ordonnance du président du tribunal d’instance de Ziguinchor, la réinscription d’Ousmane Sonko sur les listes électorales n’est toujours pas effective. Ce qui bloque également le retrait par son mandataire des fiches de parrainage, préalable au dépôt des candidatures à la Présidentielle du 25 février 2024.

Lamine Diouf

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