Publié le 30 Sep 2023 - 08:44
PRÉSIDENTIELLE 2024

Birima Mangara, la candidature inattendue

 

L'ancien ministre du Budget de 2014 à 2019, Birima Mangara, a déclaré officiellement, hier, sa candidature à l'élection présidentielle du 25 février prochain.

 

Après avoir démissionné, en août 2023, de l’Inspection générale d'État à la présidence de la République où il était retourné depuis son départ du gouvernement en 2019, Birima Mangara vient de s'ajouter à la longue liste des candidats déclarés à l'élection présidentielle de 2024. Une candidature inattendue, dans la mesure où, malgré son passage dans le gouvernement, on ne lui connait pas une base politique.

Il faudrait peut-être aller chercher les raisons dans son espoir de capter l’électorat de Pastef. En effet, selon certaines indiscrétions, il lorgne sur les militants fidèles à Ousmane Sonko avec qui il avait lancé le syndicat des Impôts et domaines. Les jours à venir édifieront sur les tenants de cette candidature issue des flancs de BBY.

"Je voudrais, en ce moment, vous confirmer que j'entends briguer vos suffrages à l'élection présidentielle du 25 février 2024", a-t-il déclaré, hier. Avant d'ajouter que cette ambition est le résultat de longs mois d'échanges avec des Sénégalais de tous bords, dont des compatriotes de la diaspora sur les transformations qu'il est souhaitable et urgent d'apporter à notre pays, à ses pratiques politiques et ses politiques publiques.

En effet, explique le candidat, "il faudrait repenser à un meilleur usage de ces ressources, surtout en faveur des couches vulnérables pour une politique efficace d'emploi avec une nouvelle approche de la ville, de l'urbanisation et de la protection du vivre-ensemble". Aussi, poursuit-il, il faut ‘’impérativement appliquer plus d'équité territoriale entre les villes et les terroirs dans un développement harmonieux de nos régions pour une éradication de l'émigration irrégulière par des pirogues de fortune où tant de nos jeunes risquent et perdent trop leur vie à travers le Sahara et les fléaux de l'océan Atlantique".

De façon un peu plus concrète, M. Mangara entend mener les "réformes urgentes qui s'imposent", accompagné dans cette tâche de compatriotes épris d'un changement de paradigme. Du haut de ses 60 ans, il place sa candidature "sous le signe de la valeur-travail" et souhaite de proposer "sa forte contribution potentielle au développement du Sénégal".

Ainsi, Birima Mangara ira à l'élection présidentielle sous la bannière de la coalition Andaat Défar Sénégal  et du parti UDP-Kiraay, Union pour la démocratie et le progrès-Kiraay qui signifie "bouclier", "protection'' en wolof. Pourquoi ‘’And defarat Sénégal’’ ? Parce que "tout ce qui a été fait jusqu'ici n'a pas été mauvais, mais "And defarat Sénégal" veut réunir plus de personnes de bonne volonté afin que cette ambition de transformation qualitative résolue que nous nourrissons puisse advenir. Refondons le Sénégal, impulsons un nouveau souffle au pays dans la marche du progrès, dans un État de droit et l'exaltation de la démocratie. Renouvelons le récit national pour un Sénégal où chaque citoyen et citoyenne a une meilleure prise en compte, selon ses mérites, ses aspirations, ses compétences, tout en lui permettant de libérer son génie".

‘’Héritier de la méritocratie républicaine"

Dans la même veine, Birima Mangara a indiqué que son objectif sera l’atteinte réelle de l'autosuffisance alimentaire pour que les Sénégalais nourrissent les Sénégalais et une partie de l'Afrique. Ceci, dit-il, se fera par une réingénierie de nos politiques publiques et des réformes fondatrices pour dessiner le futur sur un socle de taille critique pour le développement inclusif de notre pays loin des miroirs déformants.

Pour ce nouveau contrat social bien mûri, dit-il, qui est désormais "notre sacerdoce, je suis résolu à travailler avec les Sénégalais et les Sénégalaises, les jeunes et les moins jeunes, la diaspora et les bonnes volontés africaines et à l'échelle du monde".

Pour mieux légitimer cette candidature, il ajoute : "Ma candidature est républicaine, c'est celle d'un fils de paysan né à Keur Samba Diallo, dans la région de Diourbel, produit de l'école publique, héritier de la méritocratie républicaine."

À l'image de Boun Abdallah Dionne et Mame Boye Diao, entre autres "rebelles" de la coalition présidentielle Benno Bokk Yaakaar, l'ancien ministre du Budget va donc croiser le fer avec le candidat désigné par le président sortant. En tant qu’ex-proche collaborateur de l'actuel Premier ministre, il raconte une petite anecdote sur ce dernier. "Je ne fais rien sans demander la permission du ministre Birima Mangara", aimait-il dire. 

Hasard du calendrier ou calcul politique, l'annonce officielle de sa candidature à l'élection présidentielle intervient le jour même où la course aux parrainages citoyens a été officiellement ouverte, ce jeudi 28 septembre 2023.

MAMADOU DIOP ET FATIMA ZAHRA DIALLO (STAGIAIRE)

Section: 
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION - COMMUNES RURALES : Cheikh Ibra Ndiaye plaide pour un investissement massif
RÉFORME DE L’ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : Un énième acte de la stratégie de massification “diomayenne”
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : L’APR fixe ses lignes rouges
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PIT appelle à une mobilisation pour « sauver la République »
RÉFORME TERRITORIALE AU SÉNÉGAL : Diomaye Faye pose les bases de l’Acte IV et rassure les élus locaux
APRÈS L'IRRUPTION DES GENDARMES DANS L'HÉMICYCLE L'opposition parlementaire exige que "toute la lumière soit faite"
DISSOLUTION ASSEMBLÉE NATIONALE : Une décision à hauts risques
RÉFORME DES INSTITUTIONS : Diomaye privilégie le consensus
Marie Rose Faye dirige le cabinet de Sonko
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PDS appelle à voter « non » …
IRRECEVABILITÉ DE LA PROPOSITION : Les avertissements de Me Moussa Sarr
PROMULGATION DE LA CONSTITUTION La nouvelle fatwa de Sonko
PARTI SOCIALISTE : Aminata Mbengue Ndiaye suspend toutes les réunions au siège du parti
CRISE INSTITUTIONNELLE AU SÉNÉGAL : La Coalition Diomaye Président fait bloc contre le “détournement” de la révision constitutionnelle
PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU GROUPE PARLEMENTAIRE PASTEF : L’APR dénonce un "rafistolage constitutionnel"
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le Conseil national du Laïcat interpelle le Président Faye
GUERRE DES POUVOIRS : Le hold-up constitutionnel
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE – CONFÉRENCE DE PRESSE DE PASTEF Pastef défend sa réforme et assume le bras de fer institutionnel
REVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PDS exige un référendum et appelle à un sursaut républicain
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE-AMANDEMENTS DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE : Le gouvernement pour une concertation avec les acteurs politiques et de la société civile