Publié le 9 Jan 2023 - 15:49
ACCIDENT TRAGIQUE À SIKILO (KAFFRINE)

La route reprend son bilan macabre avec 39 morts de plus

 

Si l’année 2022 a laissé au Sénégal le souvenir de sa première Coupe d’Afrique des nations de football, l’année 2023 rappelle, dès ses premiers moments, la dure réalité du fléau des accidents de la circulation.

 

Il est des destins tragiques. Celui  de Moussa Soumboundou en est un. Très connu dans le secteur des transports à Vélingara, le chauffeur était au volant de l’un des deux bus impliqués hier dans l’accident qui a réveillé le Sénégal dans l’émoi. Pourtant, cet activiste avait consacré une bonne partie de sa vie à lutter pour améliorer la sécurité routière. Malgré cela, il a péri, comme plus de 40 autres sénégalais, dans ce qui restera l’un des événements marquants de ce début d’année 2023.

En effet, dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 janvier, une collision entre deux voitures de transport a occasionné l’accident routier le plus meurtrier de ces dernières années.  Sur les réseaux sociaux, les interventions de celui que l’on appelait ‘’Kanka Moussa’’ refont surface pour lui rendre hommage. Au sortir du dernier Grand Magal de Touba, l’homme poussait un grand coup de gueule sur le nombre de victimes d’accidents routiers à déplorer. ‘’On ne peut pas concevoir qu’en 17 jours, 54 morts soient enregistrés, causés par des accidents de la route. Rien que pour le Magal de Touba, il y a eu 30 morts’’, regrettait-il.

Cela montre que le mal des accidents de la circulation routière n’est pas nouveau au Sénégal. Selon les statistiques du gouvernement, ils représentent, en 2022, 63,17 % de tous les accidents.

Un bilan du ministère de la Santé et de l’Action sociale a établi que l’accident a fait au total 139 victimes, dont 39 décès et 100 blessés. Parmi ces derniers, 52 ont été pris en charge à l’hôpital de Kaffrine et 48 blessés légers au centre de santé de Kaffrine et dans les postes de santé.

La gravité du drame a poussé le président de la République à décréter très vite trois jours de deuil national, à compter d’aujourd’hui. Sur les réseaux sociaux, Macky Sall s’est dit ‘’profondément attristé’’, avant de se rendre sur les lieux de l’accident où il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et souhaité prompt rétablissement aux blessés.

Trois jours de deuil national, un Conseil interministériel aujourd’hui

Il a été précédé sur les lieux par le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. Devant le triste spectacle de la violence que laisse entrevoir l’état des débris, Mansour Faye a retenu que le Sénégal enregistre pour la première fois un tel bilan dans un accident de la circulation. ‘’Le président de la République a annoncé un Conseil interministériel (aujourd’hui). Et j’ose espérer que des mesures fortes sortiront de ce conseil. Parce qu’il nous faut des mesures fortes dont l’application constitue une solution définitive. Il faut que les acteurs du secteur du transport sachent respecter les recommandations de l’État. Sur 100 accidents de la circulation, les 80 se produisent la nuit. C’est le manque d’éducation routière qui est indexé. Dans ce cas, il faut revoir les horaires d’ouverture et de fermeture des gares routières. Les gares privées doivent être encadrées pour le respect des consignes routières’’, ajoute le maire de Saint-Louis.

Au-delà de l’émotion, les accidents de la route restent une cause majeure de décès au Sénégal. Lors d’un comité régional de développement (CRD) axé sur la sécurité routière tenu en octobre 2022, le directeur de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), Cheikhou Oumar Gaye, révélait qu’entre janvier et septembre de ladite année, 519 morts ont été victimes d’accidents de la route, compte non tenu des décès notés lors du Magal (33 morts) et huit morts pour le Gamou. Ce qui confirme la moyenne effarante de 700 personnes qui meurent chaque année dans les accidents de la circulation.

Parmi les causes majeures de ces accidents figure en grande place le facteur humain, à travers les excès de vitesse, la négligence, l’imprudence et le non-respect des règles du Code de la route. Le défunt chauffeur ne s’en cachait pas. Dans l’une de ses vidéos, il chargeait ses propres collègues : ‘’Nous devons nous regarder en face et nous dire la vérité. Il y a trop d’indiscipline sur les routes. Tu vois des chauffeurs inconscients qui achètent de la boisson alcoolisée lorsqu’ils prennent du carburant et conduisent en état d’ébriété. D’autres fument de l’herbe. Nous devons revoir nos comportements.’’

Le facteur humain, le plus difficile à dompter

Kanka Moussa appelait également le gouvernement à prendre ses responsabilités, sans oublier de jouer pleinement son rôle dans la construction et l’entretien des routes. Mais également à travers l’état défectueux des routes, le manque de tableaux de signalisation, le manque de ralentisseurs dans les zones fréquentées par les piétons, la vétusté des véhicules, la proximité des maisons qui jalonnent certaines routes et l’absence d’aires de repos.

Autant de manquements qui relèvent, d’après Ousmane Sonko, ‘’avant tout de la responsabilité principale des autorités publiques dans l’application stricte des normes de contrôle, de sanction et d’aménagement des infrastructures routières’’. Le leader de Pastef a commencé son message par s’incliner ‘’devant la mémoire des disparus’’, avant de souhaiter un prompt rétablissement aux blessés.  

Le Sénégal s’est inscrit dans le programme de la Décennie d'actions pour la sécurité routière 2021-2030 de l’Organisation des Nations Unies (ONU) fixant l'objectif ambitieux de prévenir au moins 50 % des décès et des blessures dus aux accidents de la route d'ici 2030. Lors du coup d’envoi, en octobre 2021, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS, assurait : ‘’La perte de vies et de moyens de subsistance, les handicaps causés, le chagrin et la douleur, ainsi que les coûts financiers engendrés par les accidents de la route représentent un fardeau intolérable pour les familles, les communautés, les sociétés et les systèmes de santé. Une grande partie de cette souffrance pourrait être évitée en rendant les routes et les véhicules plus sûrs et en encourageant la marche à pied, le cyclisme et l'utilisation des transports publics.’’

Lamine Diouf

 

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