Publié le 11 Nov 2012 - 22:30
NOUVELLE AMBASSADE DES ÉTATS-UNIS AU SÉNÉGAL (Suite et Fin)

Un bunker d’espoir niché au fond des Almadies

 

L’édifice vit ses derniers réglages avant livraison. Même si l’endroit reste ‘’impénétrable’’, ses alentours laissent fleurir des commerces qui se portent au mieux. Ici, l’Amérique semble emménager pour requinquer l’espoir. Bien que la peur occupe certains esprits.

 

L'ambassade livrée en début d’année 2013

 

C’est à une compagnie américaine qu’a été confiée la construction de l’institution et la fin des travaux est prévue en début de l’année 2013. A tout point de vue, l’emplacement de cette ambassade n’a pas été choisi au hasard. Elle est à moins de 60 mètres de la mer et permet un accès facile au Golfe de Guinée. La Pointe des Almadies représente le point de l’Afrique de l’Ouest le plus avancé sur la mer. A partir de là, il est aisé de contrôler tout le trafic maritime et par là, le Golfe de Guinée. A en croire certaines indiscrétions officiant dans les environs, un tunnel aurait été creusé, reliant la nouvelle ambassade à la mer.

 

Une nouvelle voisine qui fait peur

 

La nouvelle ambassade des États-Unis au Sénégal ne fait pas que des heureux. Dans son proche voisinage, des voix commencent déjà à s'élever. C’est avec la peur au ventre que les occupants du village artisanal situé derrière la construction abordent le sujet. Par ici, des rumeurs circulent et font état d’un possible déguerpissement à la fin des travaux. Rien d’officiel, mais suffisant pour semer une peur et susciter un groupe de marchands gonflés à bloc, prêts à livrer le combat de leur vie. ‘’Nous avons peur que ces rumeurs se confirment, car ce marché est notre seul source de revenus’’, dit Aïda Thiam qui vient de rejoindre sa cantine remplie de tissus aux motifs traditionnels africains et d’objets d’art. Elle s’active à rendre l’endroit fréquentable, range une chaise par-ci, un porte-habit par-là. Tout en s’acquittant de sa tâche, elle étale toutes ses inquiétudes : ‘’Cette boutique appartenait à mon oncle et toute petite j’y venais, car elle existait avant ma naissance. Aujourd’hui, je suis âgée de 25 ans et Dieu sait que c’est à partir d’ici que nous assurons la dépense quotidienne à la maison.’’ Aïda, tout comme les autres commerçants du village artisanal, ne veut pas quitter. Ils souhaitent que la construction de la nouvelle ambassade soit un déclic pour fructifier leur commerce au lieu de le plomber. Tabara, vendeuse de poisson, estime qu’il n’est pas question de quitter les lieux. En bonne Lébou, elle raisonne en terme de ‘’terres ancestrales’’. Teint noir, taille moyenne, un bon embonpoint, elle lâche : ‘’Ces terres ont appartenu à nos ancêtres, il n’est pas question de les quitter. J’ai été la première restauratrice à occuper les lieux au début des années 90. Actuellement, nous sommes nombreuses à gagner nos vies sur cette plage. Qu’on nous laisse en paix et que les futurs occupants de l’ambassade viennent s’approvisionner ici en poisson’’. Un vœu pieux que Tabara, Aïda et tous ceux qui gagnent leur vie sur cette plage et ses environs aimeraient voir se réaliser. Tout comme d’ailleurs ces ouvriers qui voient leur nombre réduit presque chaque semaine. Ils souhaitent être ‘’maintenus’’ dans ce chantier qui leur a permis de gagner décemment leur vie ces derniers mois. Mais n’y a-t-il pas une fin en tout ?

 

Amadou NDIAYE

 

 

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