Publié le 13 Jun 2012 - 09:45
TRAVAIL DES MINEURS

475 000 dans des travaux dommageables

 

Le Bureau national du travail (BIT) compte adopter un Cadre national de lutte contre le travail des enfants, afin d'éradiquer ce fléau d'ici 2016, qui implique au Sénégal 1 378 524 enfants.

 

Éliminer le travail des enfants à l'horizon 2016. C'est le principal objectif du Bureau international du travail (BIT), qui a tenu hier une conférence de presse en prélude à la journée mondiale de lutte contre le travail des enfants aujourd'hui. En effet, 1 378 524 enfants au Sénégal sont impliqués dans le travail dont 475 000 dans des activités à abolir. Ces enfants devraient être à l'école pour recevoir une éducation et acquérir des compétences. Pour ce faire, le BIT compte adopter un Cadre national de lutte contre le travail des enfants.

 

Selon Fatimata Sarr, Coordonnatrice nationale du projet du BIT de prévention et de lutte contre le travail des enfants en Afrique de l'Ouest, en entrant dans le marché du travail prématurément, ces enfants sont privés d'une éducation pouvant aider leurs familles à sortir du cycle de la pauvreté. ''Le travail des enfants est en net recul dans le monde sauf en Afrique subsaharienne. Cela est dû à la pauvreté et à la pandémie du SIDA. Plusieurs enfants sont obligés, après avoir perdu leurs parents, de travailler pour survivre. Au Sénégal, plus de 475 000 enfants sont dans des travaux dits dommageables'', a souligné Mme Sarr.

 

La journée mondiale contre le travail des enfants met en avant la sensibilisation et l'application des conventions ratifiées n°138 (portant sur l'âge minimum) et 182 (sur les pires formes de travail des enfants) pour combattre ce fléau. ''Il est bien de ratifier les conventions, mais il faut les appliquer'', a répété Mme Sarr. A l'en croire, le Cadre national a déjà été mise en œuvre dans la région de Saint-Louis et à Guet-Ndar par l'inscription de 300 élèves dans des écoles et leur prise en charge.

 

 

La pauvreté et la pandémie du Sida en cause

 

Pour Ibra Ndoye, Coordonnateur de la cellule nationale de lutte contre le travail des enfants du Ministère de la Fonction publique, le travail des enfants constitue un ensemble de phénomènes par lesquelles il y a des contingences sociales, culturelles, économiques qui font que c'est difficile de régler ce problème. ''Lorsqu'on parle du travail des enfants, il faut remonter aux causes. Et les parents ont une certaine perception. Ce qui fait que l'enfant est mise à contribution au niveau de la société très tôt. Dès que des conflits surviennent dans la famille, ils font une rupture et les enfants sont obligés de travailler prématurément. On ne peut pas lutter contre le travail des enfants sans lutter contre la pauvreté'', a-t-il précisé. Avant de poursuivre : ''Nous avons revisité le cadre national de lutte contre le travail des enfants. Il s'agira juste de l'adopter politiquement pour que ça soit un document de référence pour tous les acteurs afin d'éliminer ce fléau à l’horizon 2016. Parce que quand l’État a ratifié les convention en 1999 et en 2000, il y a eu une volonté politique de sa part''.

 

Par ailleurs, Cheikh Fall, président du comité intersyndical de lutte contre les pires formes du travail des enfants, met l'accent sur ces pratiques qui nuisent à la santé de ces mineurs. Selon lui, le taux d'enfants travailleurs augmente de plus en plus. Et pour atteindre l'objectif fixé, il faut une volonté politique. «Avec les conséquences de la crise économique, les enfant sont utilisés à des fins de prostitution, de production de matériel pornographique, dans la production et le trafic des stupéfiants, entre autres. Ces travaux sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l'enfant'', a fustigé M. Fall.

 

Viviane DIATTA

 

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