Publié le 22 Nov 2013 - 01:19
TCHAD - ARCHE DE ZOÉ

 Le couple Breteau-Lelouch décidé à tout éclaircir

 

Le président de l'Arche de Zoé et sa compagne ont décidé de s'expliquer lors de leur procès en appel qui s'est ouvert mercredi à Paris pour une tentative de transfert en France d'une centaine d'enfants présentés comme des orphelins du Darfour, en octobre 2007.

Eric Breteau, 43 ans, et Emilie Lelouch, 37 ans, condamnés en première instance à deux ans de prison ferme, avaient alors boycotté leur procès, ce qui avait eu un effet déplorable pour leur image. De retour d'Afrique du Sud, en février dernier, ils n'avaient pas assisté aux débats et ne s'étaient présentés que pour entendre le délibéré, convaincus que la justice n'entendrait pas leurs explications.

Reconnus coupables d'exercice illégal de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption, de tentative d'aide à l'entrée ou au séjour irrégulier de mineurs étrangers et d'escroquerie, ils avaient été incarcérés avant d'obtenir leur libération sous contrôle judiciaire en avril.

Cette fois, les deux animateurs ont voulu montrer un visage différent. "Je veux faire la démonstration de mon innocence, j'espère être entendu par la justice", a déclaré Eric Breteau à la cour. Prié de dire pourquoi il avait boycotté le premier procès, il a répondu: "J'estimais que les conditions d'un procès équitable n'étaient pas réunies. Il y a eu une instruction purement à charge. Nous avons été condamnés sur la base de rumeurs non fondées".

"J'étais trop en colère"

"J'étais trop en colère et cela m'aurait desservie", a dit Emilie Lelouch. Fait rare, l'avocat général, Etienne Madranges, a noté que le couple avait vilipendé la justice et a fait un geste dans sa direction en affirmant que l'affaire "repartait à zéro" et en affichant sa totale indépendance. "Je ne suis pas un accusateur public, je représente les intérêts de la société", a-t-il expliqué, avant d'avoir par la suite un aparté avec les prévenus en présence de leur défenseur.

L'avocate du couple, Céline Lorenzon, a rappelé que ses clients lors du premier procès avaient vécu deux incarcérations, au Tchad et en France. "Ils ont digéré leur colère, ils veulent expliquer leur intention de base et ce qui s'est réellement passé sur le terrain", a-t-elle dit à des journalistes. "On a dépeint Eric Breteau comme un gourou et il veut montrer qui il est réellement", a ajouté Céline Lorenzon.

Le couple comparaît avec le logisticien Alain Péligat, 62 ans, qui avait quant à lui été condamné à six mois de prison avec sursis. Trois autres condamnés en première instance n'ont pas fait appel. Pour l'accusation, Eric Breteau, Emilie Lelouch et l'Arche de Zoé "ne pouvaient ignorer l'illégalité de leur projet" et ont menti sciemment aux familles."

La cour d'appel statuera également sur le sort de l'Arche de Zoé, poursuivie en tant que personne morale, qui avait été condamnée en première instance à une amende de 100.000 euros, tandis que sa dissolution était prononcée.

«103 faux-enfants du Darfour»

Eric Breteau et Emilie Lelouch avaient été arrêtés en octobre 2007 au Tchad alors qu'ils s'apprêtaient à emmener en France 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour, une région du Soudan, mais dont la plupart étaient de nationalité tchadienne et n'étaient pas orphelins, selon des associations.

L'Arche de Zoé avait obtenu des sommes de plusieurs milliers d'euros auprès de 358 familles auxquelles était promise l'arrivée, sinon l'adoption, d'un orphelin originaire de la province soudanaise du Darfour.

Eric Breteau et Emilie Lelouch avaient été condamnés au Tchad à huit ans de travaux forcés pour tentative d'enlèvement d'enfants. La peine avait été commuée en années de prison en France, avant que le président tchadien ne prononce une grâce en leur faveur.

(REUTERS)

 

Section: 
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL ONU : Comment la campagne de Macky Sall espère rebondir
RÉGIME MILITAIRE ET DÉMOCRATIE : Sale temps pour les libertés en Guinée
Boubacar Seye sur Ceuta
SUCCESSION D'ANTÓNIO GUTERRES À LA TÊTE DE L'ONU : Rebeca Grynspan prend les devants, Macky Sall rate son entrée
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES : Les choses sérieuses démarrent
SUCCESSION AU SOMMET DE L’ONU L’Ouganda lance Olara Otunnu et défie Macky Sall
SUCCESSION D’ANTÓNIO GUTERRES : Macky Sall veut remettre l’ONU au centre du jeu
THOMAS PESQUET À DAKAR : L'envol de la filière spatiale !
LE SÉNÉGAL À LA TÊTE DE LA CEDEAO : Un succès diplomatique sur fond de crise régionale
MALI : Au Mali, au moins 50 militaires tués dans une attaque d’indépendantistes et de djihadistes
AFRIQUE DE L’OUEST ET DU SAHEL : Comment le terrorisme change de visage
MALI – AVENIR SECURITAIRE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST : L’épreuve du feu entre les FAMa et l’hydre djihadiste
VENEZUELA : Le bilan du double séisme dépasse les 4.300 morts (officiel)
EPIDEMIE D’EBOLA – BILAN MEURTRIER, CRISE ALIMENTAIRE ET ISOLEMENT REGIONAL La RDC en apnée
SOUDAN : Des villages entiers rasés au Darfour, à la frontière avec le Tchad, selon l'ONU
VISITE D'EMMANUEL MACRON EN SYRIE : Diplomatie sous haute tension
EBOLA EN RDC : La barre des 500 décès franchie, selon le dernier bilan des autorités congolaises
XÉNOPHOBIE EN AFRIQUE DU SUD : La fuite en avant
MALI : Les FAMas disent avoir repoussé plusieurs assauts simultanés contre des positions militaires
ENFANTS DANS LES CONFLITS : Au total, 38 558 violations graves vérifiées en 2025